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Livres lus et aimés ou critiqués

 Je reproche à certaines bibliothèques ce qu'elles appellent le " désherbage " ( jeter certains livres : livres de poches, collections superficielles, livres anciens non littéraires... ). Bien sûr, on peut penser à un manque de place dans les rayons, à un vieillissement des livres...Mais je pense que la lecture n'est ni soumise à une mode, ni à une autorité qui choisit pour vous...Je ne me laisse pas influencer par les conseils de la télévision, ou par les modes...

Personnellement dans des moments de crise, je me réfugie dans la lecture. Celle de romans simples de détente.Je suis devenue avec l'âge très difficile pour les livres. Je ne cherche plus à m'instruire, je ne cherche que l'évasion, le plaisir, l'amour, l'action, l'aventure...Je n'aime pas trop la fiction exagérée, ni le réalisme à outrance. Mon cœur doit battre pour me pousser à connaître la suite, le personnage principal doit avoir un caractère droit, attachant, de l'humour. Sa vie doit être une aventure dont il est capable de se tirer. J'ai besoin de m'attacher au personnage. Pour cette raison, j'ai les livres avec plusieurs tomes. bref je deviens compliquée et ce que les autres aiment ne me plaît pas nécessairement. Les prix accordés me semblent faits pour manipuler et orienter le lecteur !
Le livre permet de connaître en marge de chaque vie, d’autres vies fictives qui compensent les moments d’ennui ou remplissent les moments de loisirs. Parfois la lecture permet au lecteur de lui révéler des tendances plus ou moins inconscientes, c’est une sorte de défoulement bienfaiteur. Avant, c’était moi qui donnais des conseils à mes enfants. Aujourd’hui j’aime bien les laisser choisir pour moi et je réalise combien notre éducation les a influencés. Grâce souvent à mes filles ou à d'autres personnes, j’ai découvert les romans policiers : Marie Higgins Clark, Ruth rendell, P Cornwell ou P wentworth, Harlan Coben, Musso, Fred Vargas...
Je viens de découvrir P.D.James et un autre encore. C’est curieux comme je préfère de beaucoup les romans policiers écrits par des femmes, je les trouve
souvent, moins grossières . Au début, j’aimais bien Maigret, Conan doyle ou Agatha Christie...mais je m’en suis lassée...

J’aime lire aussi pour oublier, pour m’endormir et me calmer, pour surmonter une obsession. Si le livre parvient à intéresser, les représentations nouvelles rejetteront dans l’oubli les pensées qui me préoccupent. La lecture serait une vie de compensation ? Je le croyais et je ne suis plus tout à fait d’accord. Je cherche surtout des personnages amis, des aventures qui me distraient ou m’impressionnent, je ne me sens pas un des personnages. Ce que je cherche à oublier, le soir avant de dormir, c’est l’énervement de la journée, l’inquiétude des derniers événements qui me déçoivent parfois, et la détente arrive après, même si c’est pour plonger dans le malheur des autres.

Le soir avant de m'endormir donc, j'aime lire et tout particulièrement des romans policiers... pourvu qu'ils m'offrent : énigme, angoisse, amour, pstchologie... Je déteste les livres vulgaires, trop violents...

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Des romans d'aventure. A une certaine époque, j'aurais passé des heures, à lire, silencieuse, devant un poêle ou un feu de cheminée, mais je n'ai jamais eu trop le temps et mon métier m'entrainait nécessairement vers des livres littéraires.

Je lis en ce moment la " nuit des temps " de Barjavel. J'en ai lu une bonne série, mais jai arrêté à cause du côté machiste de l'auteur !

- Je n'ai pas le temps de lire beaucoup mais j'ai entendu parler de ce livre " La nuit des temps ", une histoire d'amour et de fiction.

- Non, c'est plutôt de la science fiction... Mais je trouve que la femme est pour cet auteur trop souvent un bel objet qui assure la descendance. Ses romans sont très prenants et il les rend plausibles dans un univers pourtant fictif. René Barjavel est un écrivain et journaliste français né le 24 janvier 1911 à Nyons ( Drôme ). Il est décédé le 24 novembre 1985 à Paris. Il est principalement connu pour ses romans d'anticipation. Certains thèmes y reviennent fréquemment : chute de la civilisation causée par les excès de la science et la folie de la guerre, caractère éternel et indestructible de l'amour ( Ravage, Le Grand Secret, La Nuit des temps, Une rose au paradis ). Pour ce côté éternel de l'amour, c'est sûrement une opinion d'homme ! Son héros dans " la  nuit des temps " aime sa première femme mais a plusieurs épouses, j'appelle cela de la polygamie. Son excuse ? Repeupler la terre. Où est le caractère éternel et indestructible de l'amour ? Son écriture se veut poétique, onirique et, parfois, philosophique. Il a aussi abordé dans de remarquables essais l'interrogation sur l'existence de Dieu ( notamment, La Faim du tigre ), et le sens de l'action de l'homme sur la Nature.

La science fiction peut me séduire comme l'Odyssée de l'espace :

Il regarda la Terre qui commençait déjà à pâlir dans le ciel du matin lumaire. Seule une poignée d'hommes entre les 6 milliards qui y vivaient étaient au courant de la découverte. Comment l'humanité réagirait-elle lorsque le black out serait levé ?
( Les conséquences politiques et sociales seraient immenses. Chaque être, quelle que fût son intelligence, verrait sa vie, sa philosophie, son sens des valeurs subtilement transformés ). Même s'il demeurait pour toujours un mystère, l'homme saurait désormais qu'il n'est pas sur l'univers. Ceux qu'il avait manqués à quelques millions d'années près pouvaient fort bien revenir un jour. Et si ce n'était pas eux, il en viendrait d'autres...
Il était encore perdu dans ses pensées quand le haut-parleur, à l'intérieur de son casque, émit soudain un sifflement électronique suraigu, une sorte de signal distordu, saturé. Instinctivement, il leva ses mains gantées jusqu'à son casque. Puis il se reprit et agrippa le contrôle de volume d'un geste frénétique. Quatre signaux déchirèrent encore l'éther, puis ce fut le silence miséricordieux.
Tout autour de l'escavation, les silhouettes des hommes s'étaient figées. Ainsi, se dit Floyd, cela ne venait pas de mon récepteur. Ils ont tous entendu.
Trois millions d'années d'obscurité, AMT-1 venait de saluer l'aube lunaire.

Arthur C. Clarke : 2001, l'Odyssée de l'espace

J'ai beaucoup aimé les livres de cape et d'épée comme les Pardaillan ou Cyrano de Bergerac ou encore les trois mousquetaires. Quelques romans d'amour, romans fleuve comme les gens de Mogador. Les "Angélique " de Golon, Les " Mariane " de Juliette Benzoni.

Les livres de détente, hors mode

Je ne peux commencer que par la série qui fait découvrir le roman historique : Angélique Marquise des Anges, d’Anne Golon.
Les époux Golon se sont découvert en commun un goût pour les romans historiques, ce qui les a menés à cette série de romans. EnfinÂ… il semblerait que seule l'épouse ait vraiment écrit, lui complétait la partie historique ???  Le best-seller a été traduit en 25 langues .

Les différents tomes sont parus entre 1957 et 1985, le 6e volume dont il est question datant de 1961.
La série comporte 13 volumes parus à ce jour, la plupart en 2 ou 3 tomes, sous différentes éditions :

1. Angélique marquise des anges
2. Angélique et le chemin de Versailles
3. Angélique et le roi
4. Indomptable Angélique
5. Angélique se révolte
6. Angélique et son amour
7. Angélique et le nouveau monde
8. La tentation d’Angélique
9. Angélique et la démone
10. Angélique et le complot des ombres
11. Angélique à Québec
12. Angélique, la route de l’espoir
13. La victoire d’Angélique


Il faut savoir que les romans sont réédités actuellement, aux éditions du refuge, en édition intégrale ( les anciens volumes avaient de nombreux passages coupés par les éditeurs, afin de mieux faire correspondre l’héroïne aux critères légers de l’époque ).
Mais l'édition intégrale  ne serait en vente que du " vendeur au consommateur ", d'après ce que j'ai pu lire sur Internet. A noter que si l'on a du mal à trouver beaucoup de ses livres à l'heure actuelle, c'est à cause de ce conflit avec ses éditeurs...
Un dernier volume est également en cours d’écriture. Anne Golon, veuve depuis plus de 30 ans, serait en train d'écrire le dernier volume ( le dernier chapitre est déjà écrit…), pour clore toutes ces histoires et nous apprendre une fois pour toute quel serait le destin de tous ces personnages auxquels beaucoup se sont attachés…

Ce sont des romans, je répète, de détente,  qui laissent une importante place au ressenti des gens mais c'est vraiment fait avec beaucoup de subtilité.  Ils vous tiennent un peu en haleine et lorsque vous les avez finis vous pensez : " quel dommage ! " La vision n'y est pas simpliste... Les sentiments sont complexes, la raison intervient aussi. L'histoire glisse très bien, et il y a une bonne alternance entre réflexion des personnages et événements. Quant au style d'écriture de l'auteur, il est précis, efficaceÂ… A savoir que l’auteur a réalisé pour chaque volume un vrai travail d’historienne, reconnu, en respectant le contexte historique, sans le déformer.
Les personnages ont vraiment des personnalités qui collent à l'époque. Bien sûr, Angélique est une héroïne qui se veut libre et rebelle, mais leurs mœurs semblent bien venir d'un autre siècle dans le rapport à l'autre, au mariage.

Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, les livres débutent au XVIIe siècle, sur l’enfance d’angélique de Sancé de Monteloup, et finissent, pour le dernier volume, sur sa quarantaine. L'histoire se passe sous Louis XIV au XVIIe.
Angélique est une très belle femme et au tout premier roman, elle est jeune, adolescente. Issue de la noblesse, mais pauvre. Elle est mariée  d'office pour affaires et contre son gré à Joffrey de Peyrac, comte, qui lui, n'a pas de problèmes d'argent ! Le visage marqué de cicatrices et la jambe boiteuse, il ne plaît absolument pas à la jeune femme, qui finira pourtant par succomberÂ… L'homme de 12 ans son aîné est doté d'un grand nombre de qualités de courage, d'entreprise, d'indépendance vis à vis des idées.
Ils ont eu deux enfants, Florimond et Cantor, et alors que la jeune femme était enceinte du second, Joffrey a été condamné au bûcher par le roi pour sorcellerie ( brillant esprit, il est en fait très éclairé sur la science…). Sa Majesté n'est pas insensible aux charmes d'Angélique, une des plus belles femmes de France…

Je ne dévoilerai pas toutes les péripéties de l’histoire, mais sachez juste que sa vie va la mener des bas fonds de Paris à la cour du roi de France, du harem de Moulay Ismaël aux confins de L’Amérique du nord, en passant par La Rochelle, au milieu des protestants en fuite devant les autorités françaises… le tout correctement écrit et dans un style bien engageant. Il est très intéressant d’assister à l’évolution de l’héroïne au cours des romans.

L'un des meilleurs livres de la série " Angélique "
Angélique et son amour ( Tome 6 ) - Serge Golon, Anne Golon

Avant d'en arriver au volume dont il est aussi question, Angélique s'était remariée à Philippe, le Marquis du Plessis-Bellière, dont elle a eu un enfant. Son second mari et son enfant ont été tués. D'une nuit d'horreur et de viol, Angélique a eu une fille : Honorine. Cette dernière a trois ans au début du livre: "Angélique et son amour "

Angélique s'étant rebellée contre le Roi de France ( être dans le lit de celui qui a ordonné la mort de celui que vous aimiez ? je vous le demande ! ), Elle doit fuir la France avec des Huguenots ( protestants calvinistes ) de la Rochelle, eux aussi condamnés à mourir s'ils restent dans le Royaume à cause de leur religion.
Sur la demande d'Angélique dans le volume précédent, ils ont été embarqués à bord du Gouldsboro, navire commandé par le Rescator, pirate puissant et masqué…
Parmi les marchands bourgeois qui l'accompagnent se trouve Gabriel Berne, dont les sentiments pour Angélique ne sont pas à prouver et ont commencé à émerger alors qu'elle était servante chez lui…

Le Rescator demeure une énigme pour tous. Les protestants rochelais se demandent quelles sont ses intentions et bien qu'il les ait sauvés des dragons du roi, ils entretiennent une certaine méfiance…
D'autant plus que pensant aller vers les Iles, ceux-ci s'aperçoivent qu'ils filent droit au Nord.


J'aime beaucoup le personnage de Joffrey et cela fait très plaisir de le " revoir ". On apprend un peu dans le livre ce qu'il a fait durant les quinze années écoulées ( il est notamment passé par les Caraïbes).

Angélique, de son côté, est très perturbée, attirée par cet homme, dont le charisme et l'être entier lui rappellent quelqu'un d'uniqueÂ… son premier mari mort quinze ans auparavant sur le bûcher. La plus grande surprise de la jeune femme et la plus vive émotion qu'elle vivra à bord viendra lorsque le Rescator fera tomber son masque. Elle découvrira Joffrey de Peyrac son premier époux. Au lieu d'avoir des retrouvailles formidables, un mur d'incompréhension s'introduit entre eux... Les années ont creusé un fossé entre eux. Les reproches et  les doutes ne manquent pas.
La haine va s'installer. Lors d'une tempête Angélique et Joffrey vont se rapprocher faisant tomber le mur que chacun s'était ingénié à dresser en face de l'autre. Ni les passagers, ni l'équipage ne connaissent les liens qui les unissent et c'est mieux ainsi.


Que va-t-il donc se passer ?

Benzoni J. :

Juliette Benzoni, née le 30 octobre 1920 à Paris, avenue de La Bourdonnais, est un écrivain de romans historiques à succès :

    série Catherine
    série Marianne
    série Le Gerfaut des brumes
    série La Florentine
    séries Le Boiteux de Varsovie


J'ai aimé tous ses livres pour leur côté historique, romantique et plein d'aventures. Ce sont des livres de détente, d'oubli. On n'a pas le temps de s'ennuyer, les livres malgré leur épaisseur se lisent vite.
La série comporte 13 volumes parus à ce jour, la plupart en 2 ou 3 tomes, sous différentes éditions :

Les treize vents :  ( dernier tome ) Depuis que sa fille Élisabeth a disparu, Guillaume Tremaine vit l'enfer.
Elle avait aménagé à Varanville depuis que Lorna s'était déclarée enceinte de Guillaume, ce qu'elle n'a pas pu accepter.
Alors tous les jours elle court la région à cheval. Mais un beau jour, celui-ci revient seul avec un mot : "J'ai retrouvé celui que je n'espérais plus revoir. Il m'emmène et je veux le suivre. Pardonnez-moi, vous tous que j'aime. C'est la meilleure solution. Ce mot est accroché à la selle du cheval par une épingle à tête de lys... "
Guillaume la cherche à Paris avec pour seule piste le mot de sa fille.
   
Et voilà le maître des " Treize Vents " lancé, dans un Paris bonapartiste, ( Mais on voit surtout que malgré la marche de Napoléon vers le titre d'empereur, une grande partie de la France, ceux qui ont souffert de la Terreur, sont encore royalistes. Et ils ne sont pas rares ceux qui veulent revoir leur roi sur le trône. ) aux mains des espions du sombre Fouché, ( Fouché, cet homme incroyable qui a des espions partout et qui sait toujours tout sur tout ) à la poursuite du mystérieux prince Louis-Charles, duc de Normandie, fils de Louis XVI ! Car c'est bien avec le jeune héritier du trône, son amour d'enfance, que s'est enfuie Élisabeth.
Il cherche auprès de ceux qui ont organisé l'échange au Temple et fait sortir le petit Louis XVII, ce mystérieux enfant qui avait trouvé refuge chez lui.
Il se retrouve donc dans un univers bonapartiste, mais aussi aux mains de l'impitoyable Fouché.
Mais lorsqu'il met la main sur sa fille, elle est mariée et tient absolument à suivre son époux sur les chemins de l'errance.
  Évasions rocambolesques, complots, toutes sortes d'aventures attendent Guillaume, mais aucune n'est plus redoutable que celles que lui réserve sa nièce Lorna, qui règne déjà en maîtresse incontestée sur le domaine.

N'attend-elle pas le futur enfant de Guillaume ?
Guillaume devra faire face à cette douleur, mais il devra surtout protéger sa fille de loin, car la police de Bonaparte et celle de Louis XVIII ( frère de Louis XVI ) sont après eux.
Aux Treize vents, la situation n'est pas mieux : Lorna se cramponne du mieux qu'elle peut à cette maison ou personne ne veut d'elle. Et pour arriver à ses fins, elle est prête à tout, sans scrupule ni remord.
Mais le pire arrive quand on découvre qu'elle n'est pas réellement enceinte, que c'était une grossesse nerveuse.
Elle y croit dur comme fer et pense qu'on lui a enlevé son enfant.
Et pour cela quoi de mieux que d'aller voir les autorités.
Autorités dont Guillaume n'a pas besoin à cause de la situation de sa fille....

En ce moment, je me passionne pour l'Égypte avec Christian Jacq. La seule chose qui me gêne chez cet auteur est qu'il écrit comme s'il croyait aux sortilèges... Mais c'est vrai que les aventures qu'il décrit sont prenantes : Ramsès, La pierre de lumière, les mystères d'Osiris.

 

Les livres considérés comme littéraires, ayant passé le cap des années...

J. Lemaitre : J'aurai le courage ingrat de considérer Cyrano comme un événement merveilleux, sans doute, mais non pas, à proprement parler, surnaturel.... Est-il vrai que cette comédie " ouvre un siècle " , ou, plus modestement qu'elle " commence quelque chose ", - comme Le Cid, comme Andromaque, comme l'École des femmes, comme le mariage de Figaro, comme Hernani...Aucune voix discordante n'a troublé l'applaudissement universel qui a salué la pièce de M. Rostand. Il manque donc, tout au moins, à ce trop heureux ouvrage une des marques accessoires auxquelles on distingue empiriquement les œuvres ineuguratrices. Il lui manque d'être incompris... Tout nous charme dans Cyrano, et rien ne nous y offense : mais rien aussi n'y répond à la partie la plus sérieuse de nos préoccupations intellectuelles et morales; et, s'il était vrai que cette très brillante comédie romanesque " ouvrît le XXième siècle ", serait condamné à quelque rabâchage.
Ce que j'en dis n'est pas pour déprécier ce séduisant joyau.

Je lis moins de livres classiques, mais je garde de bons souvenirs de ceux qui ont contribué à ma culture : Je dois beaucoup à certaines œuvres rencontrées au cours de mes études ou de mon travail. Vipère au poing d'Hervé Bazin est une oeuvre sombre qu'il me fallait étudier avec les élèves.

Balzac et son labeur obstiné. Il corrigeait sans cesse. Chez Chateaubriand, Flaubert.. Il y a un renoncement volontaire à la liberté. Ils s'opposaient à eux-mêmes des obstacles pour viser les ajustements nécessaires à la traduction de leur pensée, pour amener leur prose vers une certaine maturité, la maturité des grandes œuvres d'art.

Mauriac : Thérèse Desqueyroux ( 1926 ) tentera d'assassiner son mari tant l'exaspération qu'elle ressent dans la monotonie de sa vie de province la pousse au crime. Elle souhaite de tout cœur que Bernard, son mari, puisse enfin la comprendre. Mais ce dernier n'a qu'une hâte, l'arracher à son cercle pour qu'à Paris elle puisse échapper aux ragots.

H. Bergson et P. Langevin qui s'inquiétaient des dangers que peut faire courir à l'humanité, la vie du monde moderne, réclamaient le premier : " un supplément d'âme " , l'autre un supplément de " raison ". G. Bernanos voulait retrouver la vie authentique à travers la religion, le doute, la foi.
Mais il ne faut pas oublier que Bernanos était chrétien et ce titre ajoute à toutes ses oeuvres et à tous ses termes, une nuance importante. Quand il parle de silence, ce silence évoque alors ce qui a précédé la création et ce qui suivra: cette quiétude antérieure que Péguy appelle dans "
l'hymne à la nuit ": la " quiétude de lumière éternelle ". C'est aussi l'image du monde aux premiers versets de la Bible : monde que les quatre éléments occupent seuls, sans rien qui les limite : " La terre était informe et vide, il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme et l'Esprit de dieu se mouvait au-dessus des eaux ". et peu après ce sera l'apparition de la Lumière. Dieu dit : " Que la lumière soit et la lumière fut ".

Un véritable courant semble avoir pris naissance avec la Bible, pour traverser le monde, courant de silence, de nuit, de lumière et d'eau, agglomérés et indifférenciés. C'est à tout moment que Bernanos recherche cette quiétude antérieure, même à travers ses divers symboles

Saint Exupéry : " Terre des hommes " : à travers divers épisodes dont le plus célèbre nous fait part de l'angoisse du salut d'un aviateur après un atterrissage forcé ( " au centre du désert " ), saint Exupéry médite sur la grandeur du métier qui est " avant tout, d'unir les hommes ". L'avion, alors est seulement un " outil comme la charrue ", qui permet de découvrir le visage de la terre et la valeur des héroïsmes humains.
" Citadelle " : sur le ton des litanies arabes, parmi d'innombrables digressions, le " seigneur berbère " montre comment un chef doit "pétrir ses enfants" : il faut construire, non seulement une cité réelle, mais "une citadelle dans le c
Å“ur de l'homme. "

Malraux : la condition humaine ( 1933 ) : au cours de la guerre civile chinoise, en 1927, des terroristes communistes ( dont Tchen Kyo et le russe Katow ) ont déclenché l'action. Mais le chef des troupes révolutionnaires organisées, Tchang-Kaï-Chek, pactise avec les capitalistes et ordonne aux insurgés de rendre leurs armes. Ceux-ci organisent des complots, mais la répression est rude. Tchen, blessé, se suicide d'un coup de révolver. Kyo et Katow sont condamnés à un terrible supplice : être brûlés vifs dans la chaudière d'une locomotive. Kyo échappe à cette mort horrible en absorbant une dose de cyanure, mais Katow donne sa réserve de cyanure à de jeunes camarades et se livre aux bourreaux.

La guerre de Troie n'aura pas lieu de Giraudoux ( 1882- 1944 ). Malgré des nuances qui les distinguent on peut grouper les personnages en trois catégories : ceux qui croient qu'on peut éviter la guerre, ceux qui croient à la fatalité de la guerre, ceux qui croient à la beauté et même à la nécessité de la guerre.
Intermezzo ( 1933 ) : L'héroïne de cette charmante fantaisie, Isabelle, suppléante de l'institutrice d'un village limousin, rencontre tous les jours au crépuscule un spectre qui exerce sur elle son pouvoir mystérieux. Elle tombe évanouie : l'amour d'un contrôleur et l'habile subterfuge d'un droguiste qui fait juoer à côté d'elle la symphonie de la vie, la rendront à son rôle de femme.

En 1966 éclot l'étude de moeurs avec " vipère au poing " de Hervé Bazin

Au romanesque Balzacien de la volonté va succéder un romanesque de l'impuissance avec Nathalie Sarraute, Alain Robbe-grillet, Le Clézio, Marguerite Duras

Ionesco dans Rhinocéros 1959, refuse de céder à la folie collective qui s'est emparée de son entourage, et, alors que tous ses concitoyens se transforment en rhinocéros, il choisit de rester le dernier, le seul homme. On a pu y voir une caricature du nazisme. c'est possible. On peut y voir tous les phénomènes de mode, tous les mouvements qui entraînent les masses... de la musique en passant par la pub, la politique...

Les problèmes de l'après guerre se retrouvent et créent un climat d'angoisse : Antigone d'Anouilh avec son refus de la vie...Vivre avilit les hommes. Anouilh décrit un monde de plus en plus contaminé par l'argent, une société où les turpitudes et la corruption sont immanquablement liées à la richesse, au plaisir, à la facilité. Il faudrait pouvoir rester très jeune pour ne pas se dégrader, pour ne pas avoir honte de soi-même. dans Antigone, Créon répond à l'un de ses pages qui veut devenir grand :
" Tu es fou, petit, il faudrait ne jamais devenir grand. "
Reprise en costumes modernes, de la tragédie de Sophocle. Les deux files d'Oedipe, Etéocle et Polynice, se sont entretués. Antigone leur soeur, pour avoir cherhcé à jeter un peu de terre sur le corps honni de Plynice, est condamnée à mort. Son oncle Créon, le tyran de la cité, dont elle doit épouser le fils, essaie de la sauver en lui parlant du bonheur : mais elle refuse toute compromission avec la vie. " Vous me dégoutez tous avec votre bonheur ".

La sauvage d'Anouilh ( 1938 ) : d'un côté une famille crapuleuse, les Tarde, minable orchestre pour café, qui garde un être pur et sensible, la petite violoniste Thérèse; de l'autre le célèbre compositeur Florent France, qui s'est épris de Thérèse. Mais Thérèse se sent étrangère au sein d'une famille honorable et riche et finit par renoncer à ce bonheur.

Le roman existentialiste à travers la nausée de Sartre, l'étranger ou la peste de Camus; on retrouve dans ces livres les grands thèmes de la philosophie existentialiste : la mort de Dieu, l'absurde, la liberté.

Sartre : la nausée ( 1938 ) : journal intime tenu dans une ville normande, par Antoine Roquentin. Il se révolte contre l'optimisme béat de ceux qui l'environnement ( l'autodidacte ). De plus, le fourmillement et la présence envahissante de tout ce qui existe le dépriment : tout est " de trop ", lui le premier. Roquentin choisira pourtant d'assumer son existence. Sartre a été visionnaire dans ses romans : la scène où Roquentin découvre l'existence des racines du marronnier.

Sartre : Les mouches ( 1943 ) : reprise moderne du thème antique de l'Orestie. La " mauvaise foi " imposée aux Argiens par la tyrannie d'Egiste est opposée à l' " authenticité " de la vengeance d'Oreste.

L'art de Sartre sait aussi rester sobre grâce à son langage direct et à sa densité dramatique : Huis clos ( 1944 ); bref drame. C'est un modèle à cet égard. Après leur mort l'infanticide Estelle, la méchante Ines, le déserteur Garcin, se trouvent enfermés dans une sordide chambre d'hôtel. Ils croient pouvoir mieux supporter le souvenir de leurs actes en se les avouant. Au contraire, le regard des deux autres avive encore la honte de chacun : " l'enfer c'est les autres. "

Les mots ( 1964 ), souvenirs de l'enfance où Sartre recherche l'influence, néfaste peut-être, mais indélébile - il est contraint de l'avouer - qu'ont exercée les mots sur lui. Cette confession d'une ironie parfois tempérée par un sourire de tendresse, est ensuite dans un style plus dépouillé que les autres romans.

L'emploi du passé composé par Camus dans l'étranger est là pour noter cette suite d'événements sans suite qu'est la vie absurde : " J'ai bien travaillé toute la semaine, Raymond est venu et il 'a dit qu'il m'avait envoyé la lettre. Je suis allé deux fois au cinéma avec Emmanuel. " ( 1942 ) L'étranger est un récit d'une extrême sobriété. Il y décrit l'existence médiocre d'un employé de bureau d'Alger, Meursalt, indifférent à tous les événements d'une vie dont il ne comprend pas le sens. Condamné pour avoir tué un arabe, dans une quasi-inconscience, il a, en prison, la révélation de l'absurde et passe ses derniers instants à jouir des dernières sensations de cette vie.

Camus dans la peste fait des tentatives pour redonner vie au symbole ou à l'allégorie. Oran par exemple dans la peste, représente la France de l'occupation. Ce roman évoque Oran en proie à la terrible épidémie. Chacun adopte une attitude différente : peur, divertissement, recherche du profit, confiance volontaire en Dieu ( P. Paneloux ), dévouement ( Rambert, Tarrou, Dr Rieux ). Car la peste est " l'affaire de tous. " Elle reviendra sans doute, mais il ne faut pas cesser de lutter.

Mais Sartre aussi s'engage politiquement dans " les mains sales " ( 1948 ) : cette pièce pose le problème de l'engagement de l'intellectuel dans l'action. Hugo doit-il exécuter, pour des motifs politiques, Hoederer et se salir les mains ? Il le fera finalement, mais pour un motif vulgaire de jalousie amoureuse.

L'hymne liberté, hymne à la résistance de Paul Eluard, est sans doute le chef d'œuvre de la poésie de la résistance :

" Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom. "

Paul Claudel : Le soulier de satin écrit sous l'occupation
Sartre : Les séquestrés d'Altona ( 1962 )
St Exupéry : le petit prince est une parabole

Bernanos : Le journal d'un curé de campagne ( 1936 ) nous raconte les aventures d'un pauvre abbé que torture un cancer de l'estomac et dont la sainteté exaspère les âmes pêcheresses de sa paroisse. Après de nombreux heurts avec les châtelains du lieu et ses paroissiens ordinaires, il réussira à rendre la foi à tous ceux qui l'entourent car " tout est grâce ", comme il le dit lui-même au moment de mourir.


Date de création : 11/06/2015 . 08:10
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